De la formation Costumier au GRETA CDMA aux grandes scènes américaines
Ariana Peck, ancienne stagiaire en formation « Costumier » – 2021-2022

Et si votre passion pour le théâtre et l’artisanat d’art pouvait vous mener sur les plus grandes scènes du monde ?
Ariana Peck, aujourd’hui couturière intermittente pour l’Opéra national de Washington DC, a osé se spécialiser grâce à la formation Costumier du GRETA CDMA.
Découvrez son parcours inspirant, des ateliers parisiens aux coulisses des opéras américains, les compétences uniques qu’elle a acquises, et comment cette formation intensive peut vous ouvrir les portes des plus prestigieuses institutions culturelles. Une aventure où savoir-faire artisanal, adaptation et passion se rencontrent.
1 – Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Ariana Peck et je suis aujourd’hui couturière intermittente pour l’Opéra national de Washington DC, où je participe à la fabrication et à l’entretien des costumes de nombreuses productions lyriques.
2 – Quel était votre parcours avant d’intégrer la formation Costumier du GRETA CDMA ?
Après mon baccalauréat, j’ai suivi un CAP Couture flou au lycée Marie Laurencin, puis un DTMS Habillage au lycée Paul Poiret. J’ai ensuite effectué une année de FCIL Tailleur auprès du maître tailleur Sami Douib, avant de poursuivre mon parcours avec la formation Costumier du GRETA CDMA.
3 – Pourquoi avoir choisi la formation « Costumier(e) » du GRETA CDMA ?
J’ai choisi cette formation sur les recommandations d’anciens élèves ainsi que celle de mon Proviseur. Tous m’ont conseillé de poursuivre ma spécialisation au GRETA CDMA afin d’acquérir un niveau de compétences plus avancé et de me préparer au mieux au métier.
4 – Que vous a apporté concrètement la formation ?
La formation m’a permis de maîtriser des techniques essentielles comme le moulage, la coupe et, de façon plus inattendue, le repassage, qui est un véritable savoir-faire dans le métier.
J’y ai également appris à travailler dans des conditions proches de la réalité professionnelle : respecter les délais, m’adapter à différents espaces de travail et collaborer avec des équipes aux profils très variés.
Cette capacité d’adaptation est indispensable dans les ateliers de costume. Savoir communiquer efficacement, travailler avec des personnalités différentes et rester performante dans un environnement exigeant sont des compétences que le GRETA m’a véritablement apportées.
5 – Selon vous, quels sont les points forts ou la valeur ajoutée du GRETA CDMA ?
La formation Costumier du GRETA CDMA est intensive et condensée sur sept mois, ce qui permet d’acquérir rapidement des compétences très concrètes. Elle prépare réellement aux conditions du métier.
J’ai également été agréablement surprise de constater que le titre obtenu est reconnu et apprécié, y compris à l’international. Même aux États-Unis, cette formation est respectée et valorisée.
6 – Comment s’est déroulée votre insertion professionnelle après la formation ?
J’ai eu la chance de trouver un emploi très rapidement. J’ai obtenu mon diplôme en juin et, dès le mois de septembre, j’étais embauchée au Kennedy Center de Washington DC en tant qu’habilleuse et couturière.
Je suis rentrée aux États-Unis pour des raisons familiales après ma formation. Au Kennedy Center, j’ai progressivement travaillé davantage avec l’Opéra, qui faisait alors partie de cette institution. Au bout d’un an, j’ai rencontré les bonnes personnes et j’ai intégré directement les ateliers de l’Opéra national de Washington.
Mon parcours est avant tout le résultat de beaucoup de motivation. J’ai toujours osé saisir les opportunités, même lorsque j’avais des doutes ou que je pensais manquer encore d’expérience. Mon conseil est simple : osez. C’est souvent ce qui permet d’aller le plus loin.
7 – Pouvez-vous nous parler de votre poste actuel à l’Opéra national de Washington DC ?
Au quotidien, je réalise principalement le montage des costumes ainsi que les retouches nécessaires sur les costumes existants. Selon les productions, je participe également au rangement et à la gestion des stocks de costumes.
Depuis mon arrivée, j’ai travaillé sur de grandes productions comme Fidelio, Turandot, Macbeth, Le Mariage de Figaro, Guys and Dolls ou encore West Side Story, mais aussi sur des œuvres comme Treemonisha et Le Petit Prince.

©Magic Flute OD1-Bronwen Sharp- 2026-13

©Madama Butterfly OD1-Bronwen Sharp- 2026-14
Ce que j’apprécie le plus dans mon travail, c’est la richesse des rencontres. Je collabore avec des professionnels venus d’horizons très différents, ce qui est extrêmement enrichissant. J’ai également la possibilité de travailler pour plusieurs opéras aux États-Unis. Actuellement, je suis en mission à l’Opéra de Santa Fe, au Nouveau-Mexique, pour la saison estivale, avant de retrouver Washington à l’automne.
8 – Quelles sont les principales différences que vous avez observées entre le travail de costumier en France et aux États-Unis, notamment dans un opéra ?
Le parcours des costumiers est assez différent aux États-Unis. Ils ne possèdent pas tous des compétences en couture. Leur rôle est davantage axé sur la conception artistique : ils imaginent les costumes, réalisent des dessins, sélectionnent des vêtements existants ou travaillent avec les équipes de fabrication pour concrétiser leur vision.
Nous intervenons ensuite pour réaliser les patrons, le moulage, la confection et donner vie à la silhouette souhaitée.
Je remarque également que l’intelligence artificielle est de plus en plus utilisée pour créer des maquettes de costumes. C’est un outil intéressant, mais il présente aussi des limites : certains matériaux ou effets imaginés par l’IA n’existent tout simplement pas dans la réalité, ce qui peut rendre leur réalisation particulièrement complexe.
9 – Avez-vous des anecdotes à nous révéler ?
Les Américains ont la réputation d’être très chaleureux… mais ils peuvent aussi être très théâtraux !
Lorsque je travaillais au Kennedy Center pendant les fêtes de Noël, nous accueillions le Ballet de New York pour une représentation de Casse-Noisette. Parmi les danseuses se trouvait une véritable diva.
Quelques minutes avant l’appel en scène, elle est arrivée complètement paniquée en m’expliquant qu’elle ne retrouvait plus sa culotte porte-bonheur et qu’elle ne pouvait absolument pas danser sans elle. Il nous restait moins de cinq minutes avant le spectacle !
Je me suis donc lancée dans une véritable chasse à la culotte, sous pression. Finalement, nous avons découvert qu’elle était restée coincée dans le filtre à peluches du lave-linge. Tout le monde a éclaté de rire après la représentation en repensant au fait que toute une équipe avait retenu son souffle… pour une culotte porte-bonheur !
10 – Quels sont vos projets ou envies pour la suite de votre parcours ?
J’aimerais continuer à découvrir de nouveaux horizons professionnels. Je postule actuellement auprès de l’Opéra de Nouvelle-Zélande ainsi que dans plusieurs maisons d’opéra en Allemagne. J’espère avoir l’occasion de poursuivre cette aventure à l’international.
11 – Quel conseil donneriez-vous à une personne qui envisage une reconversion dans les métiers du costume ?
Je lui dirais de se préparer à une carrière pleine de surprises, de défis et d’apprentissages permanents. C’est un métier exigeant, mais incroyablement enrichissant. Pour ma part, je ne regrette absolument pas mon choix et je referais le même parcours sans hésiter.
