CAP Fleuriste de mode : Clara Rigotti, une reconversion réussie vers l’artisanat d’art

Et si votre passion pour la création manuelle et l’univers de la mode pouvait devenir un métier d’exception ? Clara Rigotti, aujourd’hui fleuriste en fleurs artificielles chez la prestigieuse Maison Lemarié, a osé se reconvertir grâce au CAP Fleuriste de mode du GRETA CDMA.

Découvrez son parcours inspirant, les savoir-faire uniques qu’elle a acquis, et comment cette formation accessible aux adultes peut vous ouvrir les portes des plus grandes maisons d’art. Une aventure où minutie, créativité et excellence artisanale se rencontrent.

 

Témoignage Formation CAP Fleuriste de mode Clara Rigotti

Pouvez-vous nous parler de votre parcours avant le CAP Fleuriste de mode et ce qui vous a attirée vers les métiers de la fleur artificielle ?

Après un bac en arts appliqués, j’ai poursuivi avec un BTS design graphique à l’École Estienne. J’aimais beaucoup la composition et la mise en page, mais je me suis rapidement rendu compte que travailler uniquement sur ordinateur ne me correspondait pas. J’avais besoin de matière, de concret, de travailler avec mes mains.

Un job d’été en boutique a été un vrai déclic : j’ai découvert le métier de fleuriste et j’ai immédiatement adoré. J’ai donc continué avec un CAP Fleuriste et un BP en apprentissage, où je me suis tout de suite épanouie.

J’ai ensuite travaillé plusieurs années, notamment en Belgique chez Thierry Boutemy. Cette expérience a été extrêmement enrichissante et créative, et m’a permis de développer mon regard et ma sensibilité.

Après huit ans dans la fleur naturelle, j’ai ressenti l’envie d’apprendre un nouveau métier manuel. J’aime profondément créer de mes mains. Je me suis d’abord intéressée à la plumasserie, puis, lors des portes ouvertes au lycée Octave Feuillet et au 19M, j’ai découvert plus largement le métier de fleuriste en fleurs artificielles. J’ai alors postulé en apprentissage à la Maison Lemarié, connue pour son travail de la plume, de la fleur et du plissé. Ce qui m’a immédiatement séduite dans la fleur artificielle, c’est la minutie du geste, la précision, le savoir-faire ancestral, et surtout la richesse infinie des possibilités créatives.

Pourquoi avoir choisi la formation du GRETA CDMA ?

Compte tenu de mon âge, passer par le GRETA CDMA était la solution adaptée pour intégrer la formation du CAP. Cela m’a permis de suivre un parcours structuré tout en étant en alternance en atelier, ce qui était essentiel pour moi.

Qu’attendiez-vous de cette formation au moment de votre inscription ?

Je souhaitais apprendre et maîtriser les techniques spécifiques de la fleur artificielle. Même avec mon expérience de fleuriste, je savais qu’il s’agissait d’un métier très différent, avec ses propres exigences.

Quelles compétences ou techniques vous ont le plus marquée (modelage, teinture, montage, travail des matières…) ?

Le gaufrage m’a particulièrement marquée. C’est une technique qui permet de donner forme aux pétales, soit à l’aide d’une presse et de gaufroirs, soit entièrement à la main avec des outils comme la boule, la pince ou le couteau. C’est un travail très technique : il faut gérer la matière, la chaleur, la pression, et surtout comprendre le geste. Chaque détail compte, et la régularité est essentielle.

Avez-vous un souvenir ou un projet marquant réalisé pendant la formation ?

Oui, un projet pour une collection de Dior Haute Couture m’a particulièrement marquée. Nous devions gaufrer environ 2000 pétales en organza noir à la main à l’aide d’un crochet, pour obtenir une forme rappelant une gousse de vanille. Il fallait que le tissu s’enroule parfaitement sur lui-même, qu’il ne se déroule pas, que chaque pièce soit identique. Cela m’a demandé beaucoup de temps avant de réussir à maîtriser le geste. C’était un vrai challenge. Mais une fois la technique acquise, la satisfaction était immense. Et voir le résultat final sur le défilé, en sachant que cela représentait des centaines d’heures de travail, a été très émouvant.

En quoi cette formation vous a-t-elle préparée aux exigences des maisons d’art ? Quelles qualités sont essentielles pour y travailler ?

La formation m’a appris la rigueur, la concentration et la minutie. La propreté du geste et du poste de travail est également essentielle. Dans une maison d’art, il faut être exigeant avec soi-même, et toujours prêt à apprendre. La créativité est importante, mais elle repose sur une base technique très solide.

Comment s’est déroulée votre insertion professionnelle après l’obtention du CAP ? Comment avez-vous rejoint la Maison Lemarié ?

J’ai eu la chance qu’une place se libère à l’atelier fleurs vers la fin de mon apprentissage à la Maison Lemarié. La première d’atelier m’a proposé d’intégrer l’équipe en tant que fleuriste junior. C’est un métier qui demande beaucoup de techniques à maîtriser, donc l’apprentissage continue au quotidien, au fil des projets. Chaque nouvelle réalisation est l’occasion de progresser.

Que représente pour vous le fait de travailler aujourd’hui pour une maison d’art aussi prestigieuse ?

C’est une grande gratitude. Je mesure la chance que j’ai. Je suis encore émerveillée chaque jour par les créations qui sortent des ateliers. Participer, à mon échelle, à cette excellence artisanale est très motivant.

Quelles compétences acquises en formation utilisez-vous au quotidien ?

La précision du gaufrage, le montage des fleurs, la compréhension des matières et leur réaction à la chaleur… Toutes les bases techniques acquises en formation sont utilisées quotidiennement.

Qu’est-ce qui vous inspire le plus dans votre travail aujourd’hui ?

La richesse des fournitures et des tissus est une source d’inspiration constante. Et bien sûr, la nature. Il existe une infinité de formes, de couleurs, de textures… C’est un terrain d’inspiration inépuisable.

Selon vous, pourquoi ces savoir-faire sont-ils plus que jamais précieux ?

Parce qu’ils portent la beauté, l’imaginaire et la créativité. Dans un monde très rapide et industrialisé, le travail de la main, le temps consacré au détail, ont une valeur particulière. Ce sont des savoir-faire vivants qui méritent d’être transmis.

Quel conseil donneriez-vous à une personne souhaitant se former à ce métier ?

Être passionné, patient et curieux. Il faut accepter d’apprendre progressivement et de répéter les gestes. La persévérance est essentielle.

Comment voyez-vous la suite de votre parcours professionnel ?

Je souhaite continuer à évoluer au sein de la Maison Lemarié, apprendre chaque jour grâce à l’équipe et approfondir les techniques. Et, plus tard, transmettre à mon tour ce savoir-faire.

Un message à adresser aux futurs stagiaires ou aux personnes en reconversion ?

Ne pas douter. Il n’y a jamais de perte de temps lorsqu’on apprend. Se former, c’est s’enrichir, faire de belles rencontres et parfois découvrir une vocation.

 

 

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